Semaine 9-10-11 : Le trail des poilus

Semaine 9-10-11 : Le trail des poilus 1

Au programme : 7h36 de galère !

 

Le repos

Après le doublé du trail du Vignoble Nantais, j’ai lâché un peu prise, le repos était nécessaire. Il l’a été en course à pied mais pas au boulot ! 2 grosses semaines ce n’est pas de tout repos : 1 seule sortie en 2 semaines.

Couplé à ça une semaine d’affutage plutôt festive : pas mal de bière et un bon resto le samedi soir et vous avez le cocktail détonant pour rater une course !

J’ai, en plus, super bien préparé mes affaires. Arrivé dans le Nord, je me rends compte que j’avais oublié ma poche à eau. Et je pense qu’une poche à eau Salomon de 1,5L est l’objet le plus difficile à trouver : 5 magasins contactés et 0 poche Salomon. Ca sera donc du bricolage.

 

Le trail des Poilus – 51km – Ablain St Nazaire (62)

La course parlons-en !

J’arrive très tôt sur le lieu de départ car Elsa doit rejoindre ensuite le sien qui est dans un autre village, quand je dis tôt c’est 2h avant le départ ! Il n’y a personne à part l’organisation qui finit d’installer le départ ! Il est 8h le soleil est présent mais ça caille ! J’en profite pour faire la visite du château et de monter la centaine de marches qui mène à la salle de garde qui domine la cour. La vue est sympa, je redescend tranquille avant d’attendre au soleil. Le soleil, ça sera un de mes ennemis de la journée : 2 mois que je cours dans le froid et là, cet imbécile pointe le bout de son nez sans acclimatation !

Avant le départ dans la cour du château
Avant le départ dans la cour du château

Après un petit coup de cornemuse, le départ est donné à 10h.

Je pars de l’arrière du peloton et après 1km à travers champs, on a le droit au premier bouchon : une passerelle à franchir. Le peloton est vite éclaté après ce passage. J’attaque une lente remontée dans la première bosse. Je sens qu’il est dur de lever les jambes mais bon ça m’étonne pas qu’il me faille au moins 5/6km pour me mettre en jambe . Au 5ième, on a déjà à tout dégusté : des montées, des descentes, de la boue, un beau soleil, les chemins larges et le single track ! Je tiens péniblement un petit 10km/h.

Le départ (crédit photo : l'organisation)
Le départ (crédit photo : l’organisation)

 

On attaque maintenant un bon 10km dans la foret d’Olhain, un enchainement de montées et descentes (c’est le thème de la journée) avec une tendance en dévers vers la gauche ce qui entraine un gros travail sur le pied droit. Celui là même où j’avais eu quelques soucis de cheville et à force d’appuyer dessus, elle se fait un peu sentir. J’ai bien géré l’hydratation sur le début de course mais depuis le 12ième km, je me demande où en est ma réserve d’eau, du coup j’hésite à tirer franchement sur la pipette.
Quand je peux courir, l’allure tourne vers du 5:30/km mais c’est généralement en descente. J’essaye de me ralentir au maximum pour ne pas me griller: ça fait 10km que je me dis ça, quand au 21,5ième (oui c’est précis)  je coupe tout et je marche. Je sens que je n’arriverai au bout. Je viens de manger un pauvre tiers du dénivelé (500m) même pas la moitié du parcours et rien ne va ! A partir de maintenant ma vitesse moyenne maxi sur 1km sera de … 7,9km/h.

Je prends le temps au ravito, je m’assois pour faire le plein de ma poche à eau qui était encore à moitié pleine (grrr), je m’avance vers la table et là stupeur pas de TUC, pas de pâté !!! et même pas un truc salé (re-grrrr)! Je me dis que c’est le premier c’est peut être normal.

Je repars en trottinant (=9,5km/h), jusqu’à la prochaine bosse qui nous mène à l’antenne de Bouvigny-Boyeffles : 11ième plus haute structure de France (ce moment culturel vous ait offert par la Cave à Jaife). On attaque ensuite une autre longue montée, que d’autres sont en train de descendre 2m plus haut que moi : quelle idée de monter pour tout de suite redescendre, ces boyaux rouges ça cherche le D+ partout ! Je commence à sombrer, à marcher de plus en plus.
Après cet enchainement de bosses, Elsa m’appelle, je suis au 31ième en pleine montée, elle a finit son 26Km (qui en faisait 28km car les premiers se sont plantés de chemin) en 3h25. Je regarde ma montre, j’ai mis 3h45 pour faire les 31 premiers kilomètres, elle a été quasiment aussi vite que moi, je sombre un peu plus dans le désarroi.

J’essaye de repartir en haut de la montée ! première alerte : une pointe comme un début de crampe dans le mollet gauche ! ça passe vite, je repars pour une longue descente où j’accroche un coureur pour bavarder un peu ! Je pense que c’est la première fois que je discute sur la course, ça fait du bien, je tiens le 6:30/km jusqu’en bas de la descente.. Où je stoppe tout ! Je suis à bout, je vais marcher pendant 2km! Entre le 34ième et le 35ième, j’appelle Elsa pour lui demander de venir me chercher au ravito du 37ième, je n’en peux plus le mental est dans les chaussettes, je n’avance pas, je profite difficilement, j’en peux plus des gels sucrés, plus rien ne passe, bref ça va pas !

Sur ce tronçon, je chope assez rapidement un compagnon d’infortune qui a des problèmes d’intestins qui pense aussi à jeter l’éponge. On va marcher 10minutes ensemble. Mon corps redescend, Elsa me rappelle en me disant qu’elle cherche le lieu du ravito et raccroche en disant : »t’es sur tu veux arrêter ? » et avec je ne sais quelle miracle, je dis à mon compagnon : »je vais retrottiner un peu » et la machine repart… pour 300m. Nouveau problème : l’adducteur gauche commence à se faire un peu sentir en descente. Le sentier s’aplanit, je repars, je vois enfin le ravito : 800m de course ! Je regarder la montre : j’ai 1h d’avance sur la barrière horaire.

Je prends le téléphone : rebranches la 3G : 20 messages sur Twitter, je survole, je lis, je souris, je réponds… (merci) je rappelle Elsa : « bon je vais finir« . Un ravito toujours sans salé (grrr) où je refais une dernière fois le plein de ma poche: je la remplis à fond pour boucler les 13 derniers km.

Ca rattache direct en montée après le ravito. Avec ce début de douleur à l’adducteur je préfère franchement pousser en montée, que les descentes. Le chemin offre assez peu de répit jusqu’au 40ième, je marche : l’allure est aux alentours de 5km/h.  Je passe le marathon en 5h52′(5h36′ pause déduite) en marchant ! A partir de maintenant, l’adducteur deviendra de plus en plus douloureux en descente. Je ne sais pas comment m’y prendre : en marchant ça fait mal, en trottinant un peu moins mais je ne trouve pas le bon rythme, je sers donc les dents et ça passe !

Le dernier ravito est annoncé au 44ième. Je questionne alors mes compagnons pour savoir quelle distance indique leur GPS : j’ai entre +1 et +2km par rapport à eux !! 46ième voilà enfin le dernier ravito : 50′ d’avance sur la barrière horaire. Je repars assez rapidement en appelant Elsa pour lui demander le détail des 6 derniers Km : 3Km qui lui ont semblé rapides et 3 plus longs : ça sera donc 6Km longs pour moi mais avec l’envie d’arriver. 1km plus loin, on aperçoit pour la première fois le lieu de l’arriver : Notre Dame de Lorette. Le 50ième est franchi en 7h18 (7h pause déduite)

L'attaque de la dernière montée comme en  '14
L’attaque de la dernière montée comme en ’14

J’appelle Elsa pour lui demander de venir me chercher dans la dernière montée : dernière côte dans la boue pour finir les cuissots.

Je vois enfin le monument et les centaines de tombes de plus près : je cours (10km/h on peut même dire que c’est un sprint). Je franchis la ligne en 7h36′ à la 311ième place ! Je suis à bout, vané, vidé, je file mon sac à Elsa pour m’asseoir et mais je suis surtout content d’avoir vu le bout de cette aventure !

A l'arrivée : exténué mais ravi (crédit photo : l'organisation)
A l’arrivée : exténué mais ravi (crédit photo : l’organisation)

Un grand bravo à l’organisation : un parcours super avec un lieu de départ et d’arrivée magnifique et un souvenir finisher original : veste softshell + bière !

Les résultats et photos sont disponibles sur le site de l’organisation : le site de l’orga

 

Mes erreurs

1ère erreur : l’allure. Si je devais la refaire (oui j’en ai chié mais je la referais bien 😉 ), je pense que je gérerais cette course totalement différemment . Même si au 10ième puis au 20ième, je me suis dis « Ralentis tu vas t’achever », c’est en explosant vers le 22ième que j’ai surtout ralenti ! Connerie d’ego qui pensait, après avoir bien gérer le trail du vignoble nantais, pouvoir enchainer tranquillou sur un 50K « à fond » !
Je partirais donc sur une allure bien plus cool, pour je l’espère finir bien mieux !

2ième erreur : les excès de la semaine : les quelques litres de bière, la semaine avant la course et la veille, enchainés sur un resto en famille la veille au soir, ça fait plaisir mais je pense que finalement ça ne met pas dans les meilleurs conditions. Les premiers kilomètres où la machine a eu du mal à se mettre en route en sont surement la conséquence.

3ième erreur : le manque de travail en D+/D- : le début de la saison a été orienté vitesse avec la prépa pour les foulées de Vincennes. La transition s’est faite avec le trail du Vignoble Nantais où le D+ était faible (200m). Mon corps était prêt pour maxi 30km avec 700m de D+ (ou un marathon plat) mais pas 50k avec 1600m !  et le D- même si j’aime ça, je le travaille peu car j’ai assez peu de descente technique par chez moi ! Va falloir remédier à tout ça avant le Mont Blanc !

4ième erreur : le soleil ! Mais qu’est ce qu’il foutait là celui là ! 3 mois que je m’entraine par -2°C à 5°C et là 20°C l’après midi !

 

1 semaine plus tard

Après 4 jours, les jambes sont revenus presque totalement, j’ai repris le VTT après 6 jours! Le programme va surement se concentrer dans les 2 semaines à venir sur le repos, le VTT et du renforcement musculaire.

Le résumé  de la période:

Type

Distance

Durée

Dénivelé

Running  61km 8h28′  D+ 1600m
VTT  30km 1h57  D+ 200m

 

16 comments

  1. Apparemment, le trail des poilus, ça fait mal!
    Pas facile les lâchers successifs du corps et du mental, mais t’as fini, t’as réussi! Bravo de n’avoir pas abandonné, tu peux rester au panthéon de mes idoles. 😀

  2. le mental de jaife = les montagnes russes d’une femme en pleine crise d’hormones!! allo ça s’appelle le trail des poilus c’est pour les dur à cuir bordel ! :p je plaisante bien sur, grand bravo d’avoir fini, faut être taré pour signer sur un 50km si tôt ds la saison 😉
    et je l’ai dit je le redis, un 50km sans salé sur les ravito c’est limite criminel, c’est un scandaaale !

    Saluons également la performance d’Elsa qui a bien du courage et de la patience pour supporter cette girouette 😉

    1. Oui j’avoue, j’ai eu quelques hauts et bas sur cette course 😉
      Ma saison est divisée en 2 (ou 3) depuis 3 ans et ça me convient :
      1 course longue en mars/avril (2012: La Bouillonnante, 2013: les 6h de LA Gorgue, 2014: les poilus)
      un milieu de saison plutôt calme (bon j’aurais le Marathon du Mont Blanc cette année en juin)
      une dernière partie de saison de fin septembre à début décembre..
      Je cours assez peu l’été finalement

  3. juste une question :Pensez vous que le paté,les tucs apportent un + dans la diététique du sportif ? informez vous et remettez en cause vos connaissances en la matiere !!!

    1. oula on a un donneur de leçon attention tous aux abris , il faut qu’on s’informe !
      sur un 50km mon cher clement, ya pas que l’apport diététique qui compte, ya l’apport psychologique également. il y a un moment ou tu sature ! quand tu en peux plus du sucré et que tu peux plus rien avalé je veux bien que tu m’explique l’apport diététique aussi.
      bref tout ça pour dire le paté et les tucs c’est surtout pour la blague mais le ravito salé YA RIEN DE TEL diététique ou pas. #fromaaaaaaaaage

    2. Bonjour Monsieur Clement
      Les TUC et le pâté sont utilisés ici de façon caricaturale (bien que de plus en plus fréquent sur les trails, surtout les TUC)
      Comme le souligne oaz81, le salé permet de varier : 7h à bouffer des gels, des barres de céréales ou des fruits secs (abricot, ananas, fraise : j’ai tout fait), je sature vite et quand le moral est en berne ça n’aide pas, il faut du changement !
      De plus par temps chaud, (ou pas d’ailleurs) je sue assez facilement et je paume donc beaucoup de sel, il faut régénérer le stock celui-ci étant indispensable à la bonne régulation de l’eau dans l’organisme. Les biscuits apéro sont un moyen d’en apporter et son facile à digérer.
      Mon erreur est surement d’avoir penser en trouver au ravito ! Mais ce n’est pas facile d’en transporter, le Tuc est fragile! Si tu as des idées pour apporter du sel (autre que les pastilles) facilement en course, je suis preneur !

  4. bravo d’avoir été au bout du bout … de cette façon pas de regret …. et puis on apprend tjs de ces erreurs…. quand tu seras sur le mont blanc tt cela te reviendra en mémoire et tu sauras alors quoi faire 🙂

    1. Merci ! Je pense que je l’aurais clairement regretté en jetant l’éponge au 37ième ! Le MMB sera différent, je pense, mais je sais ce qu’il me reste à travailler 😉

  5. Sans blague, un jour tu vas faire des courses plus simples ? T’as même pas l’air fatigué sur la photo. Rassure moi t’as des courbatures ? Bisous à Clément…..

    1. Un 10km c’est assez simple ? J’en ai un le 1er mai avant d’attaquer quelques marches à Besançon 😉
      Je te rassure, j’ai eu des courbatures avec des traces jusqu’au mercredi ! Ca passe de plus en plus vite, j’ai réussi à faire 2h de foot samedi après midi 😉

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