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[Brevet] Les secrets de la future adidas adios pro 3

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[Brevet] Les secrets de la future adidas adios pro 3 1

La demande de brevet d’adidas remplace la plaque unique, comme celle de la Vaporfly, par des brins de renfort indépendants qui suivent l’anatomie du pied. Une version entièrement en brins, du talon aux orteils, pourrait être la future adios Pro 3.

Au programme : les secrets de ce qui pourrait être la future adidas adios Pro 3

Bientôt un an qu’adidas a sorti son adios Pro pour concurrencer la Vaporfly de Nike. Avec ses brins à la place de la plaque carbone, un brevet devait se cacher derrière : le voici enfin publié !

Le principe

Celui évoqué dans le brevet semble assez similaire à la Vaporfly : l’objectif est d’apporter rigidité et amortissement autour de la zone des orteils et des articulations métatarsophalangiennes afin de réduire le mouvement de ceux-ci et la fatigue. En s’étendant dans la moitié avant de la semelle, les éléments de renforcement permettent de soutenir et de stabiliser les orteils et les articulations, qui sont soumis à des charges élevées pendant la course, contribuant ainsi à réduire la surcharge sur les groupes musculaires clés.

Les éléments de renforcement qui sont proposés peuvent contribuer à réduire le travail excentrique créé pendant la course, ce qui à son tour peut contribuer à réduire l’énergie perdue par l’athlète, ce qui peut réduire le travail effectué au niveau des articulations MTP, du genou, de la cheville et de la hanche. Moins de travail effectué signifie moins de fatigue et moins de surcharge.

Le plus d’adidas est de proposer des éléments de renfort qui peuvent également s’adapter à l’anatomie et à la physiologie du pied, contrairement aux éléments rigides unitaires comme la plaque de la Vaporfly.

En résumé, les éléments de renforcement prennent en compte la structure du pied humain et son anatomie. Le concept s’inspire du pied humain lui-même : en complétant la forme et l’anatomie naturelles du pied, il cherche à améliorer l’interface entre le pied et le sol, en favorisant le roulement de la foulée et en diminuant les forces d’impact, réduisant ainsi la surcharge sur la structure du pied et les groupes musculaires. 

Les bénéfices 

Le choix d’adidas s’est donc dirigé vers plusieurs éléments indépendants plutôt qu’une plaque. 

Comme chaque élément de renforcement peut se déplacer indépendamment de l’autre, le pied ne se déplace pas comme avec une plaque. Une analogie intéressante est le piano et la main : lorsque l’on joue d’un piano en utilisant les cinq doigts, chaque doigt peut frapper une touche sans que les autres touches soient enfoncées, de sorte que le déplacement de gauche à droite peut se faire à une vitesse différente et avec un meilleur contrôle de chaque touche.

En revanche, si l’on utilisait une plaque au lieu de cinq doigts individuels, on ne pourrait pas presser les différentes touches indifféremment. De même, à l’aide des éléments de renforcement individuels, chaque élément peut être activé individuellement d’un côté latéral à un côté médial pendant la course pour créer une conduite souple et stable, alors qu’une plaque s’active en une seule fois et pourrait donc être moins stable.

Les brins de renfort ont une forme de « louche » dans la moitié antérieure du pied, similaire à une plaque, dans laquelle les orteils et, en particulier, les os métatarsiens et les articulations métatarsophalangiennes (MTP) peuvent reposer. De plus, cette géométrie favorise particulièrement le guidage des structures osseuses métatarsiennes et phalangiennes dans une position anatomiquement efficace lors de la phase d’appui, et l’augmentation du bras de levier entre la cheville et le sol lors de l’appui des orteils.

Schéma du brevet adidas : coupe de la chaussure avec la plaque et la semelle intérieure

Chaque brin a donc un point bas qui peut être adapté à l’anatomie du pied par exemple avec la position des articulations MTP. On sent donc venir ici une possibilité d’individualisation de la semelle en fonction des paramètres intrinsèques à l’athlète. On en reparlera en conclusions.

Dans la zone du talon, les éléments de renforcement plus droits sont bénéfiques, pour fournir un meilleur degré de stabilité pendant l’attaque du talon. Dans la zone du talon, il y a principalement un seul os en contact pendant la phase d’appui, à savoir le calcanéum. Contrairement à l’avant du pied, il n’y a donc pas besoin d’avoir une indépendance entre différentes zones. Une structure de type plaque peut donc faire l’affaire.

L’avenir de l’adios Pro

Jusqu’ici on a décrit ce qui est une adidas adios Pro 1 ou 2 mais le brevet amène quelques détails supplémentaires dans les réalisations possibles et ce qui pourrait être la prochaine amélioration de l’adios Pro.

Schéma du brevet adidas : vue éclatée de la semelle avec ses plaques et ses éléments
Ses améliorations légères pour « optimiser » le concept

Premièrement, les brins ne sont pas positionnés précisément sous les os mais ils sont légèrement décalés vers le gros orteil pour aider le centre de masse à se déplacer vers celui-ci pour une efficacité de poussée maximale. On peut déjà distinguer ce léger décalage sur l’adios Pro sur les 2e et 3e phalanges.

Schéma du brevet adidas : coupe de la semelle montrant cinq éléments alignésDeuxièmement, les brins de renforcement correspondant au premier et au troisième os métatarsien pourraient avoir une rigidité à la flexion plus élevée que les autres éléments en jouant sur le diamètre de ces brins. Une rigidité accrue du premier métatarsien est bénéfique car il s’agit généralement de la structure la plus grande et la plus solide des cinq métatarses du pied, qui doit donc exercer et supporter les forces les plus élevées pendant la course. Le troisième métatarsien au centre du pied, se situe naturellement autour du centre de pression pendant la phase d’appui du cycle de marche pendant la course, et doit donc bénéficier également d’un soutien accru. Ces 2 « petites » améliorations pourraient amener à une chaussure plus stable.

Une version « piste » pour des pointes est aussi présente dans le brevet où les brins sont reliés à l’avant de la semelle 

Schéma du brevet adidas : éléments de semelle vus en perspective

Mais adidas peut aller encore plus loin !

Schéma du brevet adidas : semelle vue de côté et de dessous avec ses éléments reliés
Une structure de renforcement entièrement en brin

Les concepteurs de la marque allemande ont réfléchi à une structure entièrement en brin du talon aux orteils. La semelle suivante comprend à nouveau une semelle intermédiaire, qui peut être en un matériau de type particules (Boost) et/ou en mousse homogène. La structure de renforcement est partiellement incorporées dans les semelles. Les brins de renforcement sont reliés et se fondent les uns dans les autres dans certaines régions de la semelle, en particulier sous le talon. On notera qu’au moins deux des éléments de renforcement sont indépendants l’un de l’autre  et peuvent réagir et se déformer indépendamment sous une charge de pression pendant la marche ou la course, en particulier dans la moitié avant de la semelle.

Dans l’extrême cette version peut inclure une boucle au niveau du talon qui permet de maintenir l’arrière de la tige de la chaussure 

adidas
La version avec maintien du talon

Conclusion

Cette configuration développée par adidas est intéressante. La réflexion de ne pas mettre une plaque complète mais une structure qui s’inspire du chemin de pression est une alternative qui peut être plus légère. On serait presque sur de l’optimisation topologique.

Au delà de la nouvelle configuration entièrement en brin, je retiendrai un autre élément : la customisation possible des brins à l’anatomie ou à la foulée. C’est la porte ouverte à beaucoup de choses et d’un point de vue du règlement de World Athletics cela semble être une grande zone d’ombre. Comment distinguer un prototype camouflé dans une semelle classique qui embarque un système adapté à l’athlète d’une chaussure du commerce ?

On n’a pas fini d’entendre parler des « super shoes »

Pour aller plus loin

Méthode. Cet article s’appuie sur la demande de brevet EP3868242A2 d’adidas, déposée en février 2020 et publiée en août 2021. Par commodité, j’écris « brevet » dans tout l’article, mais il s’agit d’une demande : tant qu’elle n’a pas été examinée et délivrée, elle ne confère pas les droits d’un brevet, et ses revendications peuvent encore changer ou être refusées. Cette analyse ne présage pas des futures sorties de la marque : elle reflète potentiellement les travaux des concepteurs.

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