Pourquoi je n’irai plus courir aux 25 bosses !

Pourquoi je n'irai plus courir aux 25 bosses ! 1

Vous êtes vous déjà demandé si le sport que l’on pratique, le trail running est un sport durable ? Nous embarquons nos emballages, utilisons peu de moyens externes mais ne laissons nous quand même pas une trace durable de notre passage.

J’habite en région parisienne depuis 2010, le spot favori des traileurs, ce sont les 25 bosses en forêt de Fontainebleau, dans les 3 pignons pour être précis. C’est le parcours qui offre surement un des meilleurs ratio distance dénivelé dans la region : environs 16km pour 900m de d+.

Un beau spot pour travailler les relances entre les rochers, admirer quelques beaux points de vue mais après une dizaine de tours à la-bas j’ai décidé que je n’irais plus.

Pourquoi ne plus courir aux 25 bosses?

Il y a quelques semaines, je suis tombé sur ce clip qui promeut le projet Muntanes y vives, une campagne de sensibilisation supporté notamment par la Fondation Kilian Jornet et cela m’a rappelé ce que je vois à chaque fois que je parcours ce sentier.

Le spot des 25 bosses c’est plus de 25000 tentatives sur certains segments sur Strava : c’est plus que les segments à Chamonix ou l’eco-trail de Paris alors qu’aucune course n’empreinte le parcours (partiellement la course des 3 pignons mais uniquement sur les larges chemins) et que l’accès au parcours n’est pas facile (obligatoirement par voiture).

Vu sur une heatmap le site ressort nettement dans la region parisienne. Sur la heatmap de Strava, qui inclue toutes les activités de course à pied, elle apparait aussi brillante que n’importe quelles routes très fréquentées. Sur celle de Suunto, spécialement dédiée au trail running, elle ne semble pas avoir d’égal mis à part l’Eco-Trail de Paris. Le parcours est entouré en rouge en bas à droite.

Je pense que cela est problématique pour la nature de ce lieu dont le sol est principalement constitué de sable. On peut aussi voir apparaitre depuis quelques années des chemins parallèles au fameux circuit balisés rouge pour aller « plus vite » en évitant les rochers. 

La sur-fréquentation a créé une érosion importante mettant à nu les racines et certaines parties des rochers. La course écrase et détruit la végétation qui ne peut plus retenir le sable. Le sujet n’est pas tout nouveau à Bleau, les premières actions pour lutter contre l’érosion date de la fin des années 1990 avec le COSIROC et l’ONF mais ces travaux de consolidation des sols ne sont que des pansements. Je vous invite à découvrir le site TL2B : La Tribune libre de Bleau pour en savoir un plus sur l’activité autour de la foret

Notre sport qui est lié fortement à la nature, y laisse une trace non négligeable, peu durable si on ne fait rien, voir indélébile si cela va trop loin. Et au fond de moi, j’aimerais que mon fils puisse aussi découvrir ce site dans le même état que j’ai pu le connaître, sans restriction.

Des alternatives ?

Pourquoi je n'irai plus courir aux 25 bosses ! 2La foret de Fontainebleau c’est 25 000ha un nombre incalculable de chemins à découvrir. Il faut diversifier la pratique même si ce sentier affiche un bon ratio distance/dénivelé, il existe d’autres endroits en foret pour en faire. Même si la foret souffre globalement de sa fréquentation, cela permet de « diluer » l’impact. Aujourd’hui, j’ai choisi la variété pour laisser ce terrain vivre, laisser la possibilité à d’autres de le découvrir, ne pas le surcharger. 

L’ile de France propose aussi d’autres terrains de jeux (station de trail..) qu’il faut surement mettre plus en avant, promouvoir d’autres sites où l’impact serait moins important dû à la nature du sol.

Tous acteurs

Pour améliorer la situation sur les 25 bosses, je pense que nous avons tous notre responsabilité :

  • les magasins de la région qui viennent principalement sur ce lieu pour leur community runs,
  • les ambassadeurs des marques qui se montrent souvent sur ce parcours sur les réseaux sociaux où y organisent des sorties,
  • le coureur lambda qui ne fait pas attention où il passe, coupe, crée des traces parallèles
  • les sites qui ne font la promotion que de cette trace en foret..

La forêt est immense et regorge de lieux aussi beaux, la question de la diversification des parcours se pose clairement.

Est-ce que l’on veut pour ce sport ?

Au-delà de ce parcours, je pense que l’on peut s’interroger sur l’impact des sports outdoor sur la nature. La sur-fréquentation, la nature du terrain, notre pratique laisse des traces.

Loin de moi l’idée de juger, je souhaite plutôt amener une reflexion autour de l’impact de notre sport.

Rencontrez ce type de reflexion sur vos terrains de jeux ? Voyez vous votre terrain se dégrader par le développement de la pratique sportive outdoor ? 

 

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