[Brevet] Salomon : la chaussure simplifiée !

Au programme : 2 brevets de la marque annécienne

Cet article ne présage pas des futures sorties de la marques, il n’est issu que de l’analyse de brevets déposés et reflète potentiellement les activités des concepteurs.

Les informations présentées dans cet article proviennent des brevets FR2999881A1 et FR2999882A1 déposé par Salomon SAS.
 

Une chaussure à structure simplifiée

Les chaussures sont généralement l’association d’une tige et d’un semelage. La tige est elle-même un ensemble comportant entre autre contrefort, empeigne, languette, mesh, et système de laçage. La difficulté dans tout ça est de monter une chaussure, élément 3D, à partir de nombreux bout de pièces découpés et assemblés à plat. On apprend via le brevet qu’il y entre 40 et 60 pièces et qu’il faut entre 40 minutes et 1h30 pour faire une chaussure. Le second inconvénient mis en avant est la discontinuité dans la structure de la tige, cet assemblage de petites et grandes pièces peut avoir des points faibles de flexion qui peuvent gêner l’utilisateur. Le dernier inconvénient est quelquechose que chaque coureur a déjà enduré : des ampoules dues à des espaces libres entre le pied et la chaussure pouvant provoqués des frottements intempestifs.

La conception de la chaussure proposée dans ce brevet, vise à obtenir une chaussure qui s’adapte au pied en épousant au mieux sa forme, à supprimer toutes gênes de type frottement et à simplifier la chaussure en elle-même.

Le manchon
Le manchon

La principale idée est la mise en place d’un manchon qui fait office de chaussant. Ce manchon est composé en partie de fil thermofusible, la fusion de ces fils durant l’une des étape de fabrication permettra à l’enveloppe de conserver sa forme.

le renfort
le renfort

Le principe de fabrication est assez simple. A partir d’un modèle à la forme du pied du coureur, on enfile le manchon comme une chaussette ce qui formera la première enveloppe, on emboite un renfort, structure qui peut comprendre le système de laçage, et on replit ensuite le manchon pour former une second enveloppe. Il suffit ensuite de chauffer l’ensemble pour faire fondre les fils thermofusible de certaines parties du tissu pour donner la forme définitive de la chaussure. Il ne reste plus qu’à ajouter la semelle et le tour est joué !

L'enfilage du manchon sur le renfort
L’enfilage du manchon sur le renfort

Le brevet prévoit aussi d’autres agencements avec différentes formes de manchons (pour ne faire qu’une enveloppe par exemple) ou en positionnant le renfort à l’extérieur.

La solution proposé semble amener  à une chaussure qui épouse assez le pied et qui est plus semble très légère : le manchon à une épaisseur de l’ordre de 3mm ! Le système de laçage est compris entre les 2 enveloppes, il devient invisible et limite les risques d’accrochage. La chaussure ainsi formé est relativement souple.

Je n’ai jamais décortiqué les dernières Sense mais ce procédé semble assez proche de ce qui est fait sur ces chaussures.

La chaussure chaussette

 

Le second brevet est sur le principe de création de la chaussure assez similaire mais ici exit la thermofusion autour d’une empreinte du pied pour « solidifier » la chaussure, on prend une chaussette qui moule naturellement le pied et on lui colle une semelle.

La constitution de la chassure est donc basé sur les mêmes éléments : manchon (ou chaussette), structure de renfort, semelle.

Dans une des variations du brevet, on fabrique la forme de manchon dans un textile adéquat qui est par exemple anti-odeur, fongicide, absorbant l’humidité, cicatrisant, imperméable ou déperlant. On conserve la structure de renfort proche du précédent brevet qui intègre les lacets et dont la forme peut être adapté au pied du coureur (avec correction de la semelle par exemple). On enfile sur une préforme du pied le manchon, on applique un des éléments de renfort et contrairement au précédent brevet, la solution n’est ici par forcément de souder de façon irréversible le manchon et le renfort. Le concepteur propose des solutions amovibles type Velcro ou clipsage ! Le reste est assez similaire précédent brevet.

S-lab2

Une variation est basé sur une chaussette simple avec une renfort semellé : le must de la légèreté !

On obtiendrait donc ici aussi une chaussure sans couture. On peut imaginer un jour rentrer chez son magasin de sport préféré et se faire faire sa chaussure en live directement autour du pied avec le renfort et le machin que l’on souhaite !

Salomon n’a visiblement pas fini de sortir des nouveautés pour les coureurs !

MàJ mai 2016 : les premiers prototypes commencent à apparaitre. Le premier a en bénéficier est biensur Kilian Jornet, vainqueur de Zegama en 2016 avec à ces pieds, cette étrange chaussure !

Mai Juillet 2016 : Une version avec guêtre courte a été aperçu aux pieds du Catalan lors de la HardRock 2016. Notez que le garçon mets quand même des chaussettes dedans

Il les adorent ! c'est sur !
Il les adorent ! c’est sur !

Ce brevet devient réalité : le 1er mai Salomon lance S-Lab ME:sh ! un nouveau concept de chaussure ! Ca sera une chaussure 100% sur-mesure : vous choisirez votre drop, le rembourrage, votre semelle ainsi que la couleur !

3 versions seraient dispo, plus ou moins « customisable ». Une version unique où chaque morceau de la chaussure sera choisi par vous (768 couleurs !! et 300€) , une version créée par Salomon (230€) mais qui sera adaptée à votre pied et 2 modèles « made by Kilian » (230-240€)

crédit photo : Trail Running Review et IRunFar

3 comments

  1. A l’heure des imprimantes 3D, ta conclusion me paraît loin d’être inenvisageable !
    Je n’ose pas imaginer par contre les tarifs que Salomon serait prêt à pratiquer avec de tels dispositifs.
    Mais j’avoue que je serais assez curieux de tester des chaussures « sur-mesure » 🙂

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