Mon vélo : découverte et partage

Au programme : une autre vision, regarder devant.

Il y a quelques semaines, pendant le tour, je suis tombé sur un beau texte de Jean Yves Couput qui commentait très justement la magnifique vidéo « Suiveur » de François Paoletti.

Je n’ai pas la plume, les jambes ou le palmarès de ces 2 personnages, mais une motivation similaire. Le vélo est pour moi un moyen de partage, de découverte de soi et du monde, de plaisir et parfois de souffrance.

C’est avec cette envie qu’il y a quelque temps, j’ai proposé à Emi d’aller découvrir Paris au lever du soleil. On a déjà partagé quelques heures de course ensemble et allé découvrir de nouvelle limite sur vélo me chatouillait. Elle a accepté ce challenge sans hésitation.
Nous n’avons pas de préparation spécifique pour ce genre d’effort : surtout des sorties de 50/60km maxi ces derniers temps, un maxi à 180km il y a plus de 10 ans pour moi, des sorties en course à pied plus ou moins longues.. Bref le chrono ne nous intéresse pas : c’est l’aventure.

J’ai peaufiné le tracé pendant 1 semaine, cherché des routes plutôt calmes, un peu d’EuroVélo, quelques inspirations des Classics Challenge (de François Paoletti d’ailleurs), des monuments parisiens.

Se lever à 4h du matin pour cette sortie fait parti du jeu, cela ajoute un peu piquant et nous permet d’éviter la chaleur du moment.
Rouler de nuit à la frontale dans les villages endormis puis le long de la Seine est un plaisir. On se retrouve vite déconnectés.. Quelle heure est-il ? Aucune importance, juste le moment compte.
Le ciel prend des teintes incroyables : violet, orange, jaune, bleu..

Le soleil commence à briller quand nous attaquons notre visite touristique décalée de Paris. Les rues sont vides, les sites des monuments ne sont pas encore pris d’assaut. Nous grimpons les pavés de Montmartre, roulons dans le Louvre, sprintons sur les quais avec une vue sur la Tour Eiffel avant de traverser une dernière fois la Seine au pont Bir Hakeim.
Quitter Paris pour aller en vallée de Chevreuse : je ne connaissais pas ce coin de la région parisienne.. ce lieu où les cyclistes parisiennes se rassemblent ! On croise beaucoup de rouleurs, un peu décalé par rapport à nos ambitions: on papote, on rigole, on chante !
Vers le 130km nous commençons à toucher l’autre but de cette sortie : découvrir ce dont on était capable. Des gênes apparaissent: les pieds, le dos puis les jambes. Mais nous continuons à avancer, à avaler les bosses, à notre rythme sous ce soleil brulant. On parle un peu moins.
Les dix derniers kilomètres sont les plus longs dans la tête, puis soudain le nom des villages redevient familier, les lieux redeviennent communs. L’arrivée est proche, le sourire revient.

On a beau être cuit, on est content d’avoir fait ces 172km, on se demande quand on remettra ça. La journée est finie, et elle a rempli son contrat. Ce soir, la bière aura une autre saveur et le sommeil sera profond.

Et si de « suiveurs », nous devenions « ouvreurs » ?

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