[Brevet] Adidas s’attaque à l’optimisation de l’empeigne !

[Brevet] Adidas s'attaque à l'optimisation de l'empeigne ! 1

Cet article ne présage pas des futures sorties de la marque, il n’est issu que de mon analyse d’un brevet déposé par la marque et reflète potentiellement les activités des concepteurs.

Les informations présentées dans cet article proviennent de la demande de brevet EP3549470A1 déposé par adidas.

Il y a quelques semaines, je parlais de la nouvelle vision de l’empeigne par adidas, et voici une nouvelle couche : une version optimisée de l’empeigne.

Après des optimisations de la semelle, d’un point de vue performance, il semblait logique que quelqu’un s’attaque à l’optimisation de l’empeigne. Vu de loin, il y a peut être pas grand chose à gagner et pourtant !

Pourquoi optimiser ?

Concevoir un produit, comme une chaussure par exemple est souvent un ensemble de compromis. Le coureur veut une chaussure durable, confortable, mais s’il veut faire une course il aimerait qu’elle soit légère aussi et lui procure de la stabilité.

Certains paramètres sont chiffrables et calculables : les contraintes mécaniques dans la chaussure par exemple (si l’on connait bien les forces à appliquer) qui permettent de déterminer en partie la durabilité d’autres sont plus issue de l’expérience, du ressenti : le confort ou la stabilité et sont plus issues de corrélations entre des liens physiques et le résultat ou des règles de conception de chaque entreprise (mettre de la matière à tel endroit pour améliorer la stabilité par exemple)

Quand on met tout cela bout à bout pour obtenir le meilleur compromis, on parle d’optimisation multi-objectifs où les optimums sont choisis en fonction des poids des objectifs.

Interessons-nous à l’optimisation d’un point de vue mécanique en se basant sur ce brevet d’Adidas et plus spécifiquement l’optimisation topologique.

Le brevet

De façon assez simple, le principe de ce type d’optimisation est de mettre de la matière là où il y en a besoin et uniquement là dans le but d’optimiser la masse avec la même durabilité.

L’idée est ici de faire parcourir un fil autour de points d’ancrage fixé sur un support. Cela crée un réseau autour du pied. Celui-ci est crée autour d’une empeigne 2D ou 3D construite directement sur un last.

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Pour positionner au mieux les points d’ancrage, adidas propose d’utiliser des données biométriques. Le système Run Genie de la marque est évoqué mais aussi des systèmes plus évolués : Vicon Motion Capture ou le système ARAMIS de GOM. Ce dernier est très intéressant, il permet d’obtenir des cartographies de déplacement des tissus de l’empeigne et donc de voir les zones sollicités

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Les zones sombres représentent les zones peu contraintes et les zones claires plus fortement. Dans ces zones, il peut être nécessaire de mettre plus de fils pour mieux supporter le pied. Couplé à d’autres informations physiologiques et le savoir de la marque, l’empeigne est ensuite générée via un logiciel de conception assistée par ordinateur à l’aide d’un template en fonction du type de chaussure

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A gauche le résultat du scan et à droite l’empeigne créée

La construction finale de la chaussure est assez surprenante avec des versions filaires ou des versions où les fils sont fondus pour limiter la porosité.

Conclusion

2 brevets sur l’empeigne avec des concepts différents en peu de temps. Celui-ci est clairement en rupture avec ce que fait habituellement la marque, il faudra surement un peu de temps pour le voir dans les magasins. L’idée permet des choses intéressantes d’un point de vue optimisation : chaque empeigne peut être faite à la forme et aux imperfections de chaque pied et d’un point de vue personnalisation on peut imaginer beaucoup de choses avec ces fils : différentes couleurs, des motifs, des dessins.

Bref, il n’y a plus qu’à attendre en espérant qu’adidas ne transforme pas cette méthode en moyen de production de masse sans personnalisation comme elle peut le faire avec l’impression 3D et la semelle de la Futurecraft 

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