[Portrait] Flore et Geoffrey, les visages de Matchy

Au programme : On continue donc cette série de portraits avec Flore et Geoffrey de Matchy.

J’ai annoncé la couleur, il y a quelques semaines, on va aussi parler un peu vélo maintenant ! et on va commencer par un double portrait !
J’ai découvert cette marque annécienne grâce une amie (qui se reconnaitra )  fin mai, un design simple et efficace, un choix de matériaux intéressant (bouteilles recyclées) je voulais découvrir le couple qui se cache derrière Matchy !

Flore et Geoffrey, autoentrepreneur, Matchy Cycling

Flore a réalisé une formation en communication et publicité, c’est avec l’envie de développer ses compétences en graphisme qu’elle a réalisé ses stages dans des petites et grandes boites.  » J’ai ainsi pu voir ce que je voulais et surtout ne voulais pas. Et malgré toutes ces expériences, j’ai toujours eu le sentiment de vouloir toujours plus d’autonomie, plus de créativité, plus d’entrepreneuriat » explique-t-elle. Originaire d’Annecy et Grenoble (proche de la nature et du sport en plein air) Flore a toujours été motivé à l’idée de travailler dans l’industrie du sport.

Geoffrey a fait un BTS Management des Unités Commerciales en alternance chez Culture Vélo, ce qui a aiguisé sa connaissance de la culture vélo en devenant notamment référent sur le textile.  » « Ça m’a donné le goût de continuer alors toujours en alternance j’ai intégré une école de commerce avec un cursus orienté sur la création d’entreprises. J’ai fini mon cursus Master 2 chez Decathlon où j’ai travaillé pendant 3 ans avant de rejoindre Oakley à Londres puis maintenant Annecy. »

Matchy c’est la volonté de créer, d’entreprendre, tout cela avec une valeur essentielle : l’écologie.

Et il y a 3 ans en parallèle de tout ça Matchy est né. « Matchy est un projet qui regroupe ces valeurs de créer, d’entreprendre, de repousser ses limites dans le sport et dans le travail, et de cumuler tout cela avec une dernière valeur essentielle : l’écologie. » reprend Flore. « Et l’objectif d’en vivre un jour évidemment. Mais surtout le besoin de baigner dans une passion, d’apporter des choses nouvelles tout en respectant nos valeurs et notre volonté de contribuer (à notre petite échelle) au changement de l’industrie vélo : trop peu de développement durable dans un milieu pourtant énormément tourné sur l’outdoor. » complète Geoffrey.

Que représente pour vous le vélo ?

« Un jour le col de la Forclaz sera facile pour moi !  »
Flore

Pour Flore, c’est une histoire plutôt récente : « Avant de rencontrer Geoffrey, le vélo pour moi c’était le Tour de France, ces longues étapes devant lesquelles on s’endort pour les siestes en juillet, car on ne connait pas la stratégie d’équipe et on trouve qu’il ne se passe rien. Mais une fois que Geoffrey vous explique ce qu’est le cyclisme, on ne voit plus du tout ce sport de la même manière. Passionné de vélo, il m’a communiqué cette envie de pédaler. Je m’y suis mise à Londres pour sortir de la ville et découvrir ces sensations dont il me parlait. Au final c’est en rentrant sur Annecy et son super terrain de jeu que j’ai vraiment pris goût à ce sport, un sport exigeant et masculin. J’ai pourtant l’envie maintenant d’aller faire mes sorties, progresser, découvrir de nouveau paysage et repousser mes limites : un jour le col de la Forclaz sera facile pour moi ! »

« Si je devais garder 3 mots ce serait : Partage / Sensation / Voyage. »
Geoffrey

Geoffrey est toujours monté sur un vélo depuis son enfance, avant de basculer sur le triathlon et de se concentrer au vélo de route. « Ma pratique évolue, explique-t-il puisque j’ai longtemps été licencié avec des années à 35 courses et désormais j’en fais moins de 10 et je regarde de plus en plus le côté aventure/bikepacking.
Le partage : Avec Matchy on a organisé 14 sorties à travers l’été, car on aime partager et découvrir de nouveaux endroits. J’ai personnellement beaucoup de mal à rouler seul longtemps, je ne pourrais pas faire la TransContinental Ride en solo par exemple, j’ai besoin d’échanger.
Les sensations c’est la vitesse, l’adrénaline d’une descente ou d’un sprint, la sensation d’avoir monté un col dur, je trouve qu’il y a beaucoup de ressentis sur un vélo.
Le voyage, car pour moi le vélo reste un formidable outil de tourisme. J’ai découvert beaucoup de régions et de pays grâce au vélo. En voiture, tu ne ressens pas les choses et ne prends pas le temps de la même façon et à pied tu ne peux pas aller aussi loin, je trouve que pour ça le vélo c’est vraiment une belle expérience. »

Parlons un peu de Matchy, comment s’est passé la création il y a 3 ans ?

« Il y a eu un gros travail en amont de création d’identité visuelle. Déjà trouver le nom… il y a eu beaucoup de propositions, jamais vraiment le coup de cœur, et un jour dans une conversation tout à fait banale, Matchy est né » explique Flore « Matchy vient justement d’une expression anglaise « matchy-matchy » qui veut dire ça match, t’es bien accordé. C’est un clin d’œil au style, un nom pas franchouillard, et après il a eu notre tageline « bonjour le style » pour le second degré, un message français mais qui peut être compris de tous. » complète Geoffrey.

De là, il s’en ai  suivi la recherche de logotype, de charte graphique, création du site web que Flore a géré de A à Z avec un CMS (Content Management System). Comme elle l’a expliqué,  c’est aussi ça Matchy : une envie de développer des compétences techniques.

Une fois l’identité visuelle installée, Flore s’est attaquée au design: « J’ai mis à plat les options pour les vêtements sur des templates. Ces dernières sont envoyées au fabricant et de là on choisit les couleurs (pas toujours évidant de réalisé ce que va rendre un petit carré de 1cm par 1cm sur un maillot complet). Une fois les échantillons reçus on peut commencer  toute la session photos pour le site et réseaux sociaux pour renforcer notre image de marque. Je retravaille toutes les photos, réalise tous les visuelles pour la boutique en ligne et à 2 nous rédigeons tous les contenus anglais et français. »

« L’avantage dans cette création c’est que nos 2 profils sont hyper complémentaires, bien nous ayons tous les deux forts caractères (moi breton, Flore savoyarde, quel est le pire ?). »

Geoffrey complète : « j’ai plus de connaissance sur le produit via mon expérience de cycliste, mes expériences au sein de magasins et de marques . Je m’occupe donc de toute la partie création produit (finition, détail, matière…) commercial (prix de vente, marge, budget alloué par collection, évènements…) ainsi que les réseaux sociaux.
L’avantage dans cette création c’est que nos 2 profils sont hyper complémentaires, bien nous ayons tous les deux forts caractères (moi breton, Flore savoyarde, quel est le pire ?) « 

Côté écologie, vous utilisez la fibre Repreve qui est recyclée : comment en êtes-vous arrivé à ce choix de sourcing ?

On a toujours eu cette idée d’avoir une matière recyclée. Cela nous tient à coeur personnellement d’agir à notre échelle. On essaye au quotidien de réduire notre impact sur l’environnement : manger moins de viande, acheter moins de plastique, acheter local…  On voit l’aspect « sustainable » de plus en plus dans le secteur de l’outdoor et notamment côté glisse (skis, snowboarding, surfing…). On cherchait, nous aussi, à inclure cela dans notre processus. On n’a pas pu le faire la première année car on n’avait pas encore trouvé le fabricant, mais après beaucoup de travail de sourcing, cela a pu être réalisable.

Je viens du monde de la course à pied, où tout tourne plutôt autour des grandes marques, Nike, Asics, Adidas, etc., qui font tout de A à Z (chaussures, sac, vêtement.). Les équipementiers dans l’univers du vélo sont, je trouve, bien plus nombreux, avec chacun leurs particularités (matériel, textile, équipements, les 3) et depuis 2/3 ans, j’ai le sentiment que pas mal de « petites » structures se sont créées autour du « style » avec des tenues qui se démarquent, surtout outre-Atlantique ou de l’autre côté de la Manche, mais en utilisant toujours une connotation très française du vélo ( terme, code, personnage, monument..).

Comment vous placez-vous dans ce milieu en mouvement?

C’est la grande difficulté tout en étant l’opportunité en elle-même. Nous nous sommes lancés lorsque nous étions basés à Londres, car justement on côtoyait cette “culture” du style à vélo et on a « assisté » au développement de marques qui nous ont inspirées comme Maap, Black Sheep (Australie) ou Machines For Freedom (USA), ainsi que l’omniprésence de Rapha sur Londres. Comme tu l’as remarqué, les Anglos saxons en général sont en avance sur la culture cycliste (café, club, style…). On retrouve d’ailleurs l’Angleterre, les États-Unis et l’Australie dans le Top 4 de nos clients par pays (derrière la France).

Le marché du vélo est en pleine mutation, on entend souvent « cycling is the new golf », mais ce qui est vrai au niveau international est plus tardif en France, et c’est un peu la contradiction.

Le nombre de marques a explosé ces 3 dernières années. C’est pourquoi on préfère faire peu, mais bien pour durer. L’explosion du nombre de marques augmente l’offre, et donc la concurrence, le critère prix devient donc plus important qu’avant.

Ceci est d’autant plus vrai sur le marché français ou les clubs sont encore très présents (tenues gratuites souvent, mais pas très jolie) ainsi que des acteurs comme Ekoï et B’twin qui ont de fortes parts de marché (et des prix bas).

C’est là où nous devons être plus fort sur la mise en avant de notre histoire (maillots recyclés, 50% de la gamme pour les femmes…)  et « éduquer » les cyclistes au « beau matériel ».

Ce qui est contradictoire, car la France de manière générale est un fort facteur d’inspiration pour les marques de vélos (la marque espagnole « Roubaix », la marque australienne « Attaquer », la marque américaine « Panache », les termes comme « lanterne rouge », chez Rapha il y a des copies de l’Équipe et des photos de Hinault dans les vitrines) tout en étant un marché très en retard vis-à-vis des marchés anglos saxons. C’est là où nous devons être plus fort sur la mise en avant de notre histoire (maillots recyclés, 50% de la gamme pour les femmes…)  et « éduquer » les cyclistes au « beau matériel ».

Les marques viennent faire leurs photoshoot en France, dans les Alpes souvent, utilisent l’image du Tour de France, utilisent des noms de maillots de cols français…

Tout cela fait partie de notre culture, mais est emprunté par toutes les marques internationales ce qui est parfois frustrant et rend notre discours plus difficile et en recherche d’authenticité.

Pour découvrir un peu plus le travail de Flore et Geoffrey, je vous invite à visiter leur site, leurs pages sur instagram et Facebook ou à les rejoindre lors d’un ride les mercredis et samedis à Annecy

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