[Brevet] Eliud Kipchoge ou ses chaussures Nike AlphaFly ?

Au programme: les chaussures les plus rapides du monde sur la distance du marathon

Cet article ne présage pas des futures sorties de la marque, il n’est issu que de mon analyse d’un brevet déposé par la marque et reflète potentiellement les activités des concepteurs.

Les informations présentées dans cet article proviennent de la demande de brevet US20180213886 déposé par Nike.

Un homme a couru, samedi, 42.195km en 1h59’40 ! Plus de 21,16km/h, 2’50 par kilomètre ! Ce sont des chiffres juste hallucinants qui repoussent les limites humaines encore un peu plus loin.

Pacers pour faire du drafting, lieu de l’exercice, équipement tout a été calculé, optimisé pour obtenir ce résultat. Une des clés : la chaussure ! 
Tout était là sous nos yeux depuis aout 2018 (oui personnellement, j’avais mieux à faire à ce moment-là).

Le brevet reprend plusieurs arrangements de semelles construites comme un millefeuille : une couche de mousse, une plaque en carbone, une couche de mousse, une plaque en carbone et ajouter sur la fin 2 coussins d’amortissement proche de la technologie Air et voilà. Les variations vont de 1 à 3 (!!) plaques de carbone comme nous allons le voir. Une de ces propositions ressemble à celle qu’Eliud Kipchoge portait à ses pieds durant ce chrono !

Le brevet

Allons trop au but, la partie intéressante est la semelle intermédiaire.

La semelle intercalaire comprend quatre niveaux différents: une couche supérieure en mousse (146 : rose) une plaque de carbone (236 : jaune) une couche inférieure en mousse plus importante de matériau absorbant l’énergie (36j : rose ) une plaque de carbone segmentée sur l’avant du pied (238: jaune ), une dernière couche de mousse (148j :rose ) et une dernière plaque (240: jaune) uniquement sur l’avant du pied aussi.

Jaune : plaque carbone
Vert : coussins amortisseurs
Rose : mousse
Marron : semelle extérieure

Mis à part la couche supérieure de mousse et  la plaque qui l’accompagne, le reste de la semelle est entièrement segmenté entre le talon et l’avant-pied, avec un vide entre les deux, partiellement comblé par les 2 coussins amortissant.

La partie arrière de la semelle est très semblable à celle d’une VarporFly : rien de neuf ! Par contre tout se passe sur l’avant !

La plaque intermédiaire (238) en forme de 2 losanges comporte 2 empiècement pour laisser passer et stabiliser les 2 coussins (192/188 : vert), la dernière plaque (240) est plus courte et permet de loger aussi 2 coussins (190/194 : vert), celle-ci laisse les coussins libres de tout mouvement .

Ces coussins sont remplis de fluide sous pression entre 1.4 et 1.7bar et contiennent des brins qui sont accrochés verticalement dans le coussin avec une certaine tension. Ils se compressent à l’impact pour absorber l’énergie. L’enveloppe est fabriquée préférentiellement en TPU. Le brevet indique aussi que n’importe quel coussin peut être remplacé par un bloc de mousse en jouant le même rôle. Ces coussins ressemblent beaucoup au Zoom Air ou Air Max que Nike incorpore généralement dans la semelle au niveau du talon mais ici en version avant du pied

Une coupe des coussins

Durant la course, à l’attaque médio-pied, les forces vont transiter dans la couche de mousse au plus proche de la semelle et la troisième plaque de carbone puis celle-ci va transmettre son énergie au groupement de coussins inférieurs et à la seconde plaque fixée aux coussins puis au premier groupement de coussins.

Les plaques étant rigides, le coureur ne ressent pas le point d’impact, mais une force diffuse qui se dissipe dans les coussins. Le brevet indique aussi que cela apporte de la stabilité, les coussins pouvant se déformer aussi latéralement les uns par rapport aux autres.

Après le contact, les brins reprennent leurs formes initiales rapidement en libérant l’énergie accumulée (même si le brevet ne mentionne aucun retour d’énergie)

Conclusion

Cet homme, Eliud Kipchoge l’a donc fait ce samedi 12 octobre 2019 à 10h14, il est devenu le premier homme sous les 2 heures avec aux pieds quelque chose de très semblable à ce brevet appelé : alphaFly.

2 coussins version « fluide » sont visibles sur cette image de Nike. Y en a-t-il que 2 ? ou les 2 autres sont cachés dans la mousse ZoomX ? 0 info de Nike pour l’instant

Gains technologiques ou pure performance humaine : surement les 2 !

Concernant la chaussure, l’IAAF avait autorisé la plaque de carbone sur la VaporFly (devenu chose commune chez beaucoup de marques), autorisera-t-elle cet arrangement ?

Nike n’évoque qu’un gain de confort dans ce brevet, ce qui m’étonne beaucoup : quand on veut courir 1h59 ce n’est pas ce que l’on recherche de dissiper gratuitement de l’énergie pour du confort, on ne peut pas au maximalisme pour aller plus vite. Nike cacherait-il le principal avantage de ces coussins et notamment des fibres qu’ils contiennent ? Surement ! Un petit effort ressort pour le retour d’énergie dans ces coussins comme on peut le lire sur dans la description des Zoom Air.

Je pense qu’il ne faut pas s’arrêter là ! Nike aurait-il déjà un coup d’avance ? Un coup, non plusieurs surement ! 
Les auteurs du brevet ont aussi à leur actif 2 autres brevets :

  • Articulated cushioning article with tensile component and method of manufacturing a cushioning article qui laisse imaginer qu’une version « intégré » à la semelle des coussins est peut être dans les cartons ! Ce brevet montre un gros coussin rempli de fluide en plusieurs sections qui inclue des brins en traction comme dans ce brevet.
  • Sole structure for article of footwear qui montre clairement une version piste sur le même principe et qui a déjà été aperçu lors des championnats du monde cet été

 

xd

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